La régularité de la comparution immédiate
Le procureur de la République peut décider de vous faire juger très rapidement par le tribunal correctionnel. Vous pouvez accepter d'être jugé immédiatement, ou demander un délai pour préparer votre défense. Si vous demandez un délai, l'affaire est renvoyée à une audience ultérieure et le tribunal décide, dans l'intervalle, des mesures éventuelles (contrôle judiciaire, etc...). Les droits de la défense sont garantis, notamment par l'obligation d'assistance d'un avocat et la possibilité pour le prévenu de demander des actes d'instruction complémentaires. La procédure de comparution immédiate peut être adaptée lorsque l'affaire n'est pas en état d'être jugée, notamment en raison de l'attente de résultats d'examens techniques ou médicaux, par le recours à la comparution à délai différé. Dans ce cas de figure, le prévenu peut être placé sous contrôle judiciaire, assignation à résidence avec surveillance électronique ou détention provisoire (incarcération avant jugement) sous le contrôle du juge des libertés et de la détention. Si l'affaire n'est pas prête (analyse en attente, etc.), il peut être recouru à la comparution à délai différé : le jugement intervient alors dans un délai maximum de deux mois.
C'est donc une procédure exceptionnelle, encadrée par des garanties procédurales et soumise à un contrôle juridictionnel strict. La comparution immédiate est régie par les articles 394 et suivants du Code de procédure pénale. La comparution immédiate se déroule selon un schéma précis. Après la garde à vue, le prévenu est déféré devant le procureur de la République, qui décide de la mise en oeuvre ou non de la procédure. Le prévenu est informé des faits qui lui sont reprochés, de la date et de l'heure de l'audience, et de son droit à l'assistance d'un avocat. Le prévenu ne peut être jugé le jour même qu'avec son accord, recueilli en présence de son avocat. En cas de renvoi de l'affaire, les délais légaux doivent être respectés, et le prévenu doit être informé de ses droits.
Les suites à donner à la comparution immédiate
La comparution immédiate ouvre plusieurs voies procédurales : le jugement sur le fond le jour même, le renvoi à une audience ultérieure, la mise en oeuvre de mesures de sûreté (détention provisoire, contrôle judiciaire, assignation à résidence avec surveillance électronique), la possibilité d'un supplément d'information ou encore le renvoi au procureur de la République pour l'ouverture d'une information judiciaire. Toute irrégularité portant atteinte aux droits du prévenu, notamment en l'absence d'avocat lors de l'audition devant le procureur de la République ou le non-respect des délais de comparution, peut entraîner l'annulation de la procédure ou la mise en liberté d'office du prévenu. En cas de condamnation à une peine d'emprisonnement sans sursis, le tribunal peut ordonner le placement ou le maintien en détention, et la cour d'appel doit statuer dans les quatre mois de l'appel, sous peine de mise en liberté d'office.
À retenir :
- le tribunal statue le jour même sur le fond de l'affaire ;
- le tribunal renvoie l'affaire à une audience ultérieure ;
- le tribunal ordonne des mesures de sûreté, commet un juge pour un supplément d'information ou renvoie le dossier au procureur de la République.
Quel type d'infraction (s) ?
- délit simple pour lequel le maximum de la peine d'emprisonnement encourue est au moins égale à deux ans ;
- délit flagrant puni d'au moins six mois d'emprisonnement.